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Autorisations et copropriété

Travaux en copropriété à Paris : qui décide, qui paie, comment faire voter

Par L'équipe technique JLC Renovation ParisMis à jour le 18 min de lecture

Réponse directe

En copropriété, tout dépend d'une seule distinction : partie commune ou partie privative. Les travaux sur les parties communes se votent en assemblée générale, à une majorité qui dépend de leur nature, et se paient au prorata des tantièmes. Les travaux privatifs restent à votre charge, mais exigent une autorisation dès qu'ils touchent la structure ou l'aspect extérieur.

À Paris, plus de neuf logements sur dix se trouvent en copropriété. C'est la raison pour laquelle un chantier parisien n'est presque jamais une question purement technique : c'est d'abord une question de procédure. Un ravalement se décide trois ans avant d'être exécuté, une ouverture de mur porteur attend une assemblée générale, et une facture mal ventilée peut se contester des années plus tard.

Ce guide explique la mécanique réelle : la frontière entre commun et privatif, les majorités applicables, la répartition des charges, le calendrier concret d'un vote, et ce qu'il faut faire quand l'assemblée dit non.


La distinction qui commande tout : commun ou privatif

Le règlement de copropriété de votre immeuble est le document qui tranche. Il définit, lot par lot, ce qui vous appartient en propre et ce qui appartient à tous. En l'absence de mention explicite, la loi du 10 juillet 1965 s'applique par défaut.

Ce qui est presque toujours commun

ÉlémentPourquoi
Murs porteurs et planchersÉléments de structure de l'immeuble, même traversant votre lot
Façades, y compris les fenêtres côté extérieurAspect extérieur et clos de l'immeuble
Toiture, charpente, souches de cheminéeCouverture de l'immeuble
Cage d'escalier, hall, couloirs, ascenseurParties de circulation
Colonnes montantes d'eau, de gaz, d'électricitéRéseaux desservant plusieurs lots
Chutes d'eaux usées et d'eaux vannesRéseaux collectifs
Cour, jardin, local vélo, local poubellesParties communes d'agrément ou de service
Conduits de ventilation collectifsRéseau desservant plusieurs lots

Ce qui est en principe privatif

Les cloisons intérieures non porteuses, les revêtements de sol et de mur, la cuisine et la salle de bain à l'intérieur de votre lot, vos canalisations à partir du piquage sur la colonne montante, votre tableau électrique et vos circuits, vos radiateurs si le chauffage est individuel.

Les zones grises, celles qui créent les litiges

Trois cas reviennent constamment dans les immeubles parisiens.

Les fenêtres. Le vitrage et la quincaillerie sont généralement privatifs, mais l'aspect extérieur — couleur, matériau, découpage des carreaux — relève du commun. Vous pouvez donc être propriétaire de vos fenêtres et interdit d'en changer la teinte. Dans les secteurs protégés, l'Architecte des Bâtiments de France peut en outre imposer un matériau.

Les garde-corps et balcons. Le sol du balcon est souvent privatif en jouissance, la structure et le garde-corps restent communs. L'étanchéité d'un balcon, en particulier, appartient presque toujours au commun, ce qui change complètement qui paie une infiltration.

Les conduits de cheminée. Le conduit traversant votre lot mais desservant d'autres est commun. Celui qui ne dessert que vous peut être privatif. Cette nuance décide de la prise en charge d'un tubage.

À faire avant tout devis — demandez au syndic le règlement de copropriété et l'état descriptif de division. Ce sont deux documents distincts, et c'est le premier qui qualifie les parties. Une entreprise sérieuse vous le demandera avant de chiffrer des travaux touchant à la structure ou à la façade.

Qui décide : les majorités de l'assemblée générale

C'est le point où la plupart des projets se perdent, parce que la majorité applicable n'est pas choisie par le copropriétaire mais imposée par la nature des travaux. Se tromper de majorité, c'est faire voter une résolution annulable.

Nature des travauxArticleMajorité requiseComment elle se calcule
Entretien, réparation, maintien en état24Majorité simpleMajorité des voix des copropriétaires présents ou représentés
Ravalement d'entretien, remise en état de la toiture24Majorité simpleIdem
Travaux d'économie d'énergie ou de réduction des émissions25 f)Majorité absolueMajorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non
Autorisation de travaux privatifs affectant les parties communes25 b)Majorité absolueIdem
Installation d'un ascenseur, création d'un local26Double majoritéDeux tiers des voix ET majorité en nombre des copropriétaires
Travaux d'amélioration, transformation d'un équipement26Double majoritéIdem
Surélévation pour créer de nouveaux locaux privatifsMajorité renforcée, voire unanimité selon le casConsultez un avocat spécialisé avant de monter le dossier

La passerelle de l'article 25-1, qui sauve beaucoup de projets

Si une résolution soumise à la majorité absolue de l'article 25 recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité requise, l'assemblée peut procéder immédiatement à un second vote, à la majorité simple de l'article 24. C'est le mécanisme qui débloque le plus de dossiers de travaux privatifs.

Deux conditions pratiques, souvent négligées : le second vote doit se tenir au cours de la même assemblée, et la résolution doit avoir été correctement rédigée pour le permettre. Demandez au syndic d'inscrire explicitement la mention de la passerelle dans la convocation.

Ce qu'il faut inscrire à l'ordre du jour

Une résolution de travaux vague est une résolution attaquable. Une résolution exploitable comporte :

  • la désignation précise des travaux et des parties de l'immeuble concernées ;
  • l'entreprise retenue, nommée, avec le montant de son devis ;
  • les conditions essentielles du marché : délai, pénalités de retard, retenue de garantie ;
  • la répartition du coût entre les copropriétaires, en tantièmes de charges ;
  • l'échéancier des appels de fonds ;
  • le cas échéant, la désignation d'un maître d'œuvre et sa rémunération.

Pour des travaux privatifs, ajoutez : la description des modifications, l'engagement de remise en état en cas de vente, la prise en charge intégrale du coût, et la production de l'attestation d'assurance décennale de l'entreprise.


Qui paie : la répartition en tantièmes

Les charges de travaux sur parties communes se répartissent selon les tantièmes de charges figurant au règlement de copropriété — et non selon les tantièmes de propriété, qui peuvent différer. Le règlement prévoit souvent plusieurs clés : une clé générale, une clé ascenseur, une clé chauffage, parfois une clé bâtiment lorsque la copropriété comporte plusieurs corps de bâtiment.

Un exemple chiffré complet

Prenons un immeuble parisien de 20 lots, 10 000 tantièmes généraux, un ravalement voté à 168 000 € TTC.

PosteMontant
Travaux de ravalement (entreprise)138 000 €
Échafaudage et protection18 000 €
Maîtrise d'œuvre (5 %)7 800 €
Assurance dommages-ouvrage2 400 €
Frais de syndic pour suivi de travaux1 800 €
Total168 000 €

Un copropriétaire détenant 520 tantièmes paie : 168 000 × 520 / 10 000 = 8 736 €.

Un studio à 140 tantièmes paie 2 352 €. Un grand appartement à 1 100 tantièmes paie 18 480 €. C'est cette progressivité qui explique pourquoi les votes de ravalement passent rarement sans discussion.

Les frais que l'on oublie de budgéter

L'erreur classique consiste à ne retenir que le devis de l'entreprise. Ajoutez systématiquement :

  • les honoraires de maîtrise d'œuvre, de 4 à 10 % du montant des travaux selon la complexité ;
  • l'assurance dommages-ouvrage, de 1 à 2,5 % pour des travaux touchant à la structure ou à l'étanchéité ;
  • les honoraires spécifiques du syndic pour le suivi de travaux, encadrés par le contrat de syndic mais réels ;
  • le coût de l'échafaudage, y compris la redevance d'occupation du domaine public lorsqu'il empiète sur le trottoir ;
  • les diagnostics préalables : amiante et plomb avant travaux, indispensables dans le bâti parisien ancien.

Propriétaire ou locataire : qui supporte quoi

La question revient sans cesse, et la réponse est plus nette qu'on ne le croit.

Les travaux sur parties communes sont à la charge du propriétaire. Un locataire ne participe jamais au financement d'un ravalement, d'une réfection de toiture ou d'un ascenseur. Ces dépenses ne figurent pas dans la liste des charges récupérables fixée par décret.

Ce qui est récupérable, c'est l'entretien courant et les menues réparations : entretien de la cage d'escalier, contrat de maintenance de l'ascenseur, entretien des espaces verts, consommations collectives. Pas l'investissement.

Pendant les travaux, le locataire doit les laisser exécuter dès lors qu'ils sont nécessaires. En contrepartie, si les travaux dépassent une durée significative, une réduction de loyer peut être due. Si le logement devient inhabitable, la question du relogement se pose.

Après les travaux, une amélioration réelle du logement peut, sous conditions strictes et par accord écrit, justifier une majoration de loyer. Ce n'est pas automatique, et c'est encadré.

Le conseil utile — prévenez vos locataires par écrit dès le vote, pas à l'arrivée de l'échafaudage. La plupart des conflits de chantier en logement loué naissent d'une absence d'information, pas de la gêne elle-même.

Combien de devis faut-il présenter

La loi impose une mise en concurrence au-delà d'un seuil fixé par l'assemblée générale elle-même. Concrètement, l'assemblée vote un montant à partir duquel plusieurs devis deviennent obligatoires ; en dessous, le syndic peut engager seul.

En pratique, pour des travaux significatifs, trois devis est la règle de fait dans les copropriétés parisiennes. Ce n'est pas un chiffre magique mais un équilibre : deux ne permettent pas de repérer l'offre aberrante, cinq diluent la comparaison et découragent les entreprises sérieuses de répondre.

Rendre les devis réellement comparables

Trois devis sur le même chantier peuvent varier du simple au double sans que l'un soit malhonnête. La cause est presque toujours un périmètre différent. Pour comparer, exigez que chaque entreprise chiffre sur le même descriptif et vérifiez :

  • la surface réellement traitée, en m² développés et non en surface de plancher ;
  • le traitement des fissures : simple rebouchage ou ouverture, armature et reprise ;
  • la nature du revêtement et le nombre de couches ;
  • l'échafaudage : inclus ou en option, et pour quelle durée ;
  • la dépose et la repose des éléments de façade — descentes d'eaux pluviales, garde-corps, enseignes ;
  • les travaux réservés, c'est-à-dire ce qui est explicitement exclu ;
  • la durée de validité du prix et les clauses de révision.

Notre guide de comparaison des devis de travaux détaille la méthode poste par poste.


Le calendrier réel d'un vote de travaux

C'est l'information la plus utile de cette page, et celle qui manque partout. Un copropriétaire qui découvre en janvier qu'il veut un ravalement pour l'été se trompe d'un ordre de grandeur.

ÉtapeDélai courant
Demande d'inscription à l'ordre du jour au syndicà faire au moins 2 mois avant l'AG
Consultation des entreprises, obtention des devis4 à 8 semaines
Convocation de l'assemblée (délai légal minimum)21 jours avant la tenue
Assemblée générale et vote1 journée
Délai de contestation des résolutions2 mois à compter de la notification
Appels de fonds et constitution de la trésorerie1 à 3 mois
Demande d'autorisation d'échafaudage sur voirie1 à 2 mois
Déclaration préalable, si l'aspect extérieur est modifié1 mois d'instruction, 2 en secteur protégé
Planification de l'entreprise1 à 4 mois selon la saison

Total réaliste : de neuf à dix-huit mois entre l'intention et le premier jour de chantier. Pour un ravalement parisien, le calendrier idéal consiste à faire voter au printemps pour un chantier l'été suivant — c'est-à-dire quinze mois plus tard.

Les assemblées générales de copropriété parisiennes se concentrent au printemps et au début de l'été. C'est précisément pour cette raison que la demande de ravalement culmine fin septembre et début octobre : les budgets ont été votés quelques mois plus tôt.


Le plan pluriannuel de travaux et le fonds de travaux

Deux dispositifs récents changent la manière dont les copropriétés anticipent leurs chantiers, et il faut les connaître avant de discuter d'un projet.

Le fonds de travaux est une réserve obligatoire, alimentée par une cotisation annuelle et attachée à l'immeuble : elle ne se récupère pas à la vente du lot. Son montant minimal est fixé par la loi en pourcentage du budget prévisionnel, et relevé lorsqu'un plan pluriannuel a été adopté.

Le plan pluriannuel de travaux (PPT) est une projection sur dix ans des travaux nécessaires, établie après analyse de l'état de l'immeuble, avec une estimation de coût et un échéancier. Il est devenu obligatoire pour les copropriétés d'une certaine ancienneté, selon un calendrier d'entrée en vigueur échelonné par taille.

Pourquoi cela vous concerne directement : un PPT sérieux transforme la discussion. Au lieu de découvrir un ravalement à 168 000 € un soir d'assemblée, la copropriété l'a inscrit, provisionné et lissé. Les votes passent, et les entreprises travaillent sur des projets préparés.

Ce que ces textes évoluent vite — les seuils, les pourcentages et le calendrier d'application du PPT et du fonds de travaux ont été modifiés à plusieurs reprises. Vérifiez la règle applicable à votre immeuble auprès de votre syndic ou sur les sources officielles citées en fin de page avant de vous engager.

Les travaux privatifs qui exigent quand même une autorisation

Vous êtes chez vous, mais pas seul dans l'immeuble. Dès que des travaux privatifs touchent une partie commune ou l'aspect extérieur, l'autorisation de l'assemblée devient nécessaire.

Les cas les plus fréquents à Paris

TravauxAutorisation d'AGPourquoi
Ouvrir un mur porteurOui, systématiquementÉlément de structure, donc partie commune
Déplacer une salle de bain ou une cuisineSouventModification des chutes et des ventilations collectives
Poser une climatisation avec unité extérieureOuiAspect extérieur et fixation en façade
Changer les fenêtresOui si l'aspect changeAspect extérieur
Fermer un balcon, poser une vérandaOuiAspect extérieur et souvent surface de plancher
Percer la façade pour une sortie de ventilationOuiPercement d'une partie commune
Remplacer un parquet par un carrelageParfoisPerformance acoustique, souvent encadrée par le règlement
Repeindre, changer un sol souple, refaire l'électricité intérieureNonStrictement privatif

L'ouverture d'un mur porteur est le cas le plus lourd et le plus fréquent : nous lui consacrons un guide complet sur l'ouverture de mur porteur à Paris, avec la méthode d'exécution et les prix réels.

Le piège acoustique du parquet

Beaucoup de règlements de copropriété parisiens imposent de conserver un revêtement d'une performance acoustique au moins équivalente à l'existant. Remplacer une moquette par un parquet flottant posé sans sous-couche suffisante est l'une des causes de litige de voisinage les plus courantes — et l'une des plus coûteuses à réparer, puisqu'il faut reprendre tout le sol.


Ravalement en copropriété : le cas parisien

À Paris, l'entretien des façades n'est pas seulement une question d'esthétique : les propriétaires ont l'obligation de maintenir leur immeuble en bon état de propreté, et l'administration peut enjoindre de faire procéder au ravalement. La périodicité de référence couramment retenue est de dix ans.

Ce que cela change concrètement

Une injonction de ravalement transforme le calendrier. La copropriété n'arbitre plus entre faire et ne pas faire, mais entre faire maintenant et s'exposer à une exécution d'office aux frais des copropriétaires. C'est le moment où les votes passent — et aussi celui où les copropriétés acceptent les premiers devis reçus, faute de temps.

L'anticipation est donc d'un intérêt financier direct : une copropriété qui consulte douze mois avant l'échéance obtient de meilleurs prix qu'une copropriété sous injonction.

Nos pages dédiées détaillent le sujet arrondissement par arrondissement : ravalement de façade à Paris pour la méthode générale, et les pages locales pour les spécificités de chaque secteur, par exemple le 3e arrondissement dans le secteur sauvegardé du Marais, ou le 16e pour le bâti de Passy et Auteuil.

Les diagnostics préalables à ne pas sauter

Dans un immeuble parisien antérieur à 1997, le repérage amiante avant travaux est requis, et il ne s'agit pas d'une formalité : l'amiante se rencontre dans les enduits de façade, les colles de carrelage, les conduits et les dalles de sol. Un chantier arrêté par une découverte d'amiante coûte bien davantage qu'un diagnostic.

Le constat de risque d'exposition au plomb concerne les immeubles antérieurs à 1949, majoritaires dans le centre de Paris.


Les aides et subventions pour une copropriété

Des dispositifs existent, à l'échelle nationale comme à l'échelle parisienne, en particulier pour les travaux de rénovation énergétique et, dans certains cas, pour le ravalement avec isolation.

Ce qu'il faut savoir avant d'espérer un financement :

  • l'essentiel des aides à la rénovation énergétique exige de faire appel à une entreprise qualifiée RGE — c'est une condition d'éligibilité, pas un critère de préférence ;
  • les aides copropriété se demandent par le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires, et non par chaque copropriétaire individuellement ;
  • les dossiers se déposent avant le démarrage des travaux ; un devis signé et un chantier commencé ferment généralement le droit ;
  • un accompagnement par un opérateur agréé est souvent obligatoire pour les dossiers copropriété.

Les barèmes, les plafonds et les conditions changent fréquemment. Nous ne publions pas de montants ici pour cette raison : consultez les sources officielles listées en fin de page, ou le service d'information logement de votre secteur.


Horaires, nuisances et relations de voisinage

Les horaires de chantier dans un immeuble d'habitation relèvent de deux niveaux : la réglementation locale relative au bruit, et le règlement de copropriété, qui peut être plus restrictif.

En pratique, dans les copropriétés parisiennes, la plage couramment admise pour les travaux bruyants va du lundi au vendredi en journée, avec des restrictions le samedi et une interdiction le dimanche et les jours fériés. Mais c'est votre règlement qui fait loi : certains immeubles interdisent les travaux bruyants au mois d'août, d'autres imposent une information préalable du conseil syndical.

Ce qui réduit réellement les conflits

  • Un affichage dans le hall cinq à sept jours avant le démarrage, avec la nature des travaux, la durée prévue et un numéro de contact.
  • La protection des parties communes : bâches sur les paliers, protection du nez de marche, nettoyage en fin de journée. C'est le premier critère sur lequel le conseil syndical jugera votre entreprise.
  • Le regroupement des opérations bruyantes sur des plages annoncées, plutôt qu'un percement imprévisible réparti sur trois semaines.
  • L'évacuation des gravats selon un calendrier connu, pas une benne laissée devant l'immeuble un week-end entier.

Que faire si l'assemblée refuse

Un refus n'est pas toujours définitif, et la réaction utile dépend du motif réel du refus.

Si le refus porte sur le coût, revenez avec un projet phasé. Un ravalement en deux tranches — façade rue puis façade cour — est souvent voté alors que le projet global avait été rejeté.

Si le refus porte sur la crainte technique, le levier est le diagnostic. Une étude de structure, un rapport d'expertise sur l'état des façades ou un diagnostic technique global déplacent la discussion du terrain de l'opinion vers celui du fait.

Si le refus porte sur des travaux privatifs et paraît abusif, il existe une voie judiciaire : le juge peut autoriser des travaux que l'assemblée a refusés sans motif légitime, notamment lorsqu'ils sont conformes à la destination de l'immeuble et n'y portent pas atteinte. C'est une procédure longue, à n'engager qu'avec un avocat spécialisé en droit de la copropriété.

Si vous contestez la régularité du vote lui-même, le délai est court : deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Passé ce délai, la résolution est acquise même si la majorité appliquée était erronée.


Les prix, pour se repérer

Fourchettes constatées sur le marché parisien, hors cas particuliers, à confirmer par devis sur votre immeuble.

OpérationFourchette parisienne
Ravalement façade pierre avec reprise de joints130 à 220 €/m²
Ravalement façade enduit90 à 160 €/m²
Ravalement avec isolation thermique par l'extérieur180 à 320 €/m²
Réfection complète de toiture zinc250 à 450 €/m²
Réfection de cage d'escalier (peinture, éclairage)8 000 à 30 000 € selon le nombre d'étages
Remplacement d'une colonne montante d'eau12 000 à 35 000 €
Mise aux normes d'un ascenseur15 000 à 40 000 €
Étude de structure pour ouverture de mur porteur800 à 2 500 €
Diagnostic technique global3 000 à 9 000 € selon la taille
Maîtrise d'œuvre sur travaux communs4 à 10 % du montant des travaux

Les erreurs les plus fréquentes

Faire chiffrer avant de connaître le statut des parties. Un devis d'ouverture de mur porteur établi sans lecture du règlement de copropriété est un devis à refaire.

Demander l'inscription à l'ordre du jour trop tard. Le syndic n'est pas tenu d'inscrire une demande arrivée après l'envoi de la convocation. Vous perdez une année.

Confondre tantièmes de propriété et tantièmes de charges. La répartition d'un ravalement suit la clé de charges prévue au règlement, qui peut différer de la quote-part de propriété.

Voter des travaux sans désigner l'entreprise. Une résolution qui autorise « la réalisation d'un ravalement » sans nommer l'entreprise ni le montant est une résolution fragile, et souvent inexploitable pour engager les fonds.

Oublier la dommages-ouvrage. Sur des travaux touchant la structure ou l'étanchéité, l'absence d'assurance dommages-ouvrage expose le syndicat des copropriétaires et complique la revente des lots.

Ne pas vérifier l'assurance décennale de l'entreprise. Demandez l'attestation en cours de validité, et vérifiez qu'elle couvre l'activité concernée : une décennale « peinture » ne couvre pas une reprise de structure. C'est le point que nous détaillons dans nos garanties.

Laisser le chantier sans interlocuteur. Une copropriété a besoin d'un nom et d'un numéro. Un chantier sans référent identifié génère des conflits qui n'ont rien à voir avec la qualité technique.


Pour aller plus loin sur notre site


Sources

Tous nos guides de la rénovation

Questions fréquentes

Qui décide des travaux en copropriété ?
L'assemblée générale des copropriétaires, pour tout ce qui concerne les parties communes. Le syndic exécute les décisions et peut engager seul les travaux urgents de sauvegarde de l'immeuble, à charge d'en rendre compte. Un copropriétaire seul ne décide que de ses parties privatives.
Qui paie les travaux en copropriété ?
Les copropriétaires, au prorata de leurs tantièmes de charges tels que fixés par le règlement de copropriété. Les travaux sur parties communes sont à la charge des propriétaires, jamais des locataires. Les travaux privatifs sont à la charge du seul copropriétaire concerné.
Un locataire paie-t-il les travaux de la copropriété ?
Non. Les travaux sur parties communes ne figurent pas dans les charges récupérables. Le locataire supporte l'entretien courant et les menues réparations, pas l'investissement.
Combien de devis faut-il pour des travaux en copropriété ?
Au-delà d'un montant fixé par l'assemblée générale, la mise en concurrence est obligatoire. En pratique, trois devis constituent la norme dans les copropriétés parisiennes pour des travaux significatifs.
Quelle majorité pour un ravalement ?
La majorité simple de l'article 24 pour un ravalement d'entretien, qui maintient l'immeuble en état. La majorité absolue de l'article 25 si le ravalement intègre une isolation thermique, car il devient alors un travail d'économie d'énergie.
Faut-il l'accord de la copropriété pour refaire ma cuisine ?
Non, si vous restez dans votre lot sans toucher aux réseaux collectifs ni à la structure. Oui, si vous déplacez l'évier de manière à modifier le raccordement aux chutes communes, ou si vous percez la façade pour une ventilation.
Puis-je faire des travaux dans mon appartement pendant que l'immeuble est en ravalement ?
Techniquement oui, et c'est même souvent une bonne idée : l'échafaudage est en place, ce qui facilite l'intervention sur les fenêtres. Prévenez le syndic et coordonnez-vous avec l'entreprise de ravalement, dont la responsabilité couvre l'échafaudage.
Quels sont les horaires autorisés pour des travaux en copropriété ?
La réglementation locale sur le bruit fixe un cadre, mais le règlement de copropriété peut être plus strict, et c'est lui qui s'applique à vous. Consultez-le avant d'annoncer une date de démarrage à votre entreprise.
Que faire si le syndic refuse d'inscrire ma demande à l'ordre du jour ?
Adressez votre demande par lettre recommandée avec avis de réception, dans les délais, en précisant la résolution que vous souhaitez voir soumise au vote. Cette formalisation est ce qui rend le refus contestable.
Combien de temps entre le vote et le début des travaux ?
Comptez de trois à six mois pour des travaux courants après le vote, le temps du délai de contestation, des appels de fonds, des autorisations d'échafaudage et de la planification de l'entreprise. Neuf à dix-huit mois si l'on part de la première intention.
Que se passe-t-il si un copropriétaire ne paie pas sa quote-part ?
Le syndic engage un recouvrement au nom du syndicat. Les travaux ne sont pas suspendus pour autant : la copropriété doit honorer le marché, ce qui pèse sur sa trésorerie. C'est la raison pour laquelle les entreprises sérieuses demandent à voir l'état de la trésorerie avant de démarrer un chantier important.
Les travaux votés peuvent-ils être annulés ?
Une résolution peut être contestée en justice dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal, par un copropriétaire opposant ou défaillant. Passé ce délai, la décision est définitive.

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